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[Portrait] Antoine, éducateur spécialisé : « Il faut mettre au centre la parole des gens qu’on accompagne »
Éducateur diplômé depuis 2019, Antoine connaît Apprentis d’Auteuil depuis ses études puisqu’il y a fait des stages. Aujourd’hui, il accompagne au quotidien des enfants aux parcours complexes et les assistants familiaux qui les accueillent. À l’approche du lancement officiel de notre plaidoyer 2027, il partage ce qu’il voit sur le terrain et le message qu’il aimerait faire passer aux décideurs publics.
D’un rêve de médecine à la vocation d’éducateur
Rien ne le destinait à ce métier : Antoine voulait faire médecine. Une clavicule cassée l’immobilise et lui laisse le temps de réfléchir. Il découvre que l’on recrute des éducateurs. Le déclic est là : « J’avais besoin de parler avec les gens, de les écouter. »
Il fait des stages à la MECS Don Bosco, notamment dans le service où il travaille aujourd’hui. Diplômé, il travaille dans un ESAT, au 115, et dans un IME. Quand un poste s’ouvre à la MECS, il revient : « J’ai retrouvé mes collègues, et , qui était mon tuteur à l’époque et qui est aujourd’hui directeur. »
Soutenir ceux qui accueillent pour éviter les ruptures
Antoine intervient sur le SAMFA (service d’accueil modulable en famille d’accueil). Il y soutient des assistants familiaux des Ardennes, qui accueillent des enfants présentant des troubles du comportement, une déficience motrice ou mentale, un psychotraumatisme…
🎯 Son objectif : éviter les ruptures de parcours quand l’accueil devient trop complexe et épuisant.
Ce qui le passionne, ce sont les histoires de vie : « Les gens ont des parcours incroyables. J’aime ces rencontres. »
Ce que les jeunes veulent : être entendus, exister
Très souvent Antoine perçoit un sentiment d’invisibilité chez les jeunes.
Pour lui, c’est la proposition 6 "Faire de la place aux jeunes en favorisant leur participation à la vie publique et aux décisions qui les concernent" du nouveau plaidoyer Prendre le Parti des jeunes, de la fondation Apprentis d'Auteuil, qui changerait le plus concrètement le quotidien des jeunes : que leur parole soit portée.
Il évoque aussi l’impuissance ressentie face à une mineure prise dans des réseaux d’exploitation sexuelle : plaintes sans suite, condamnations faibles, et le constat que porte la jeune elle-même « tout le monde le sait, mais au final rien n’est fait ». Les équipes font tout pour leur donner envie de s’en sortir, mais la réponse publique doit être à la hauteur.
Ce qu’il dirait à un décideur public
Si Antoine avait cinq minutes face à un décideur public, il lui dirait que son métier est passionnant, mais qu’il faut qu’il soit mieux reconnu et valorisé : « Traitez enfin les questions de grilles salariales et de conventions. Les gens ne font pas ce métier pour être riches, mais il faut pouvoir en vivre. » Il plaide aussi pour le remboursement à 100 % d’un psychologue, comme pour tous les métiers du soin. ❤️🩹
En résumé, le message d’Antoine tient en trois verbes : écouter, reconnaître, faire exister. 👏
Antoine, hors du bureau :
📽️ Un film : Matrix, « intemporel », car il pose la question de la liberté de vivre sa vie.
📺 Un programme télé : Arte Évasion, pour voyager depuis son canapé.
🏔️ Une passion : la randonnée, dans les Ardennes, et les voyages (il revient tout juste du Japon 🤩).