Actualité

Protection de l'enfance
26 octobre 2026

[Portrait] Antoine, éducateur spécialisé : « Il faut mettre au centre la parole des gens qu’on accompagne »

Éducateur diplômé depuis 2019, Antoine connaît Apprentis d’Auteuil depuis ses études puisqu’il y a fait des stages. Aujourd’hui, il accompagne au quotidien des enfants aux parcours complexes et les assistants familiaux qui les accueillent. À l’approche du lancement officiel de notre plaidoyer 2027, il partage ce qu’il voit sur le terrain et le message qu’il aimerait faire passer aux décideurs publics.

Antoine, éducateur spécialisé à la MECS Don Bosco dans les Ardennes

D’un rêve de médecine à la vocation d’éducateur

Rien ne le destinait à ce métier : Antoine voulait faire médecine. Une clavicule cassée l’immobilise et lui laisse le temps de réfléchir. Il découvre que l’on recrute des éducateurs. Le déclic est là : « J’avais besoin de parler avec les gens, de les écouter. »

Il fait des stages à la MECS Don Bosco, notamment dans le service où il travaille aujourd’hui. Diplômé, il travaille dans un ESAT, au 115, et dans un IME. Quand un poste s’ouvre à la MECS, il revient : « J’ai retrouvé mes collègues, et , qui était mon tuteur à l’époque et qui est aujourd’hui directeur. »

Soutenir ceux qui accueillent pour éviter les ruptures

Antoine intervient sur le SAMFA (service d’accueil modulable en famille d’accueil). Il y soutient des assistants familiaux des Ardennes, qui accueillent des enfants présentant des troubles du comportement, une déficience motrice ou mentale, un psychotraumatisme…

🎯 Son objectif : éviter les ruptures de parcours quand l’accueil devient trop complexe et épuisant.

Ce qui le passionne, ce sont les histoires de vie : « Les gens ont des parcours incroyables. J’aime ces rencontres. »

Ce que les jeunes veulent : être entendus, exister

Très souvent Antoine perçoit un sentiment d’invisibilité chez les jeunes.

Il faut mettre au centre la parole des jeunes qu’on accompagne, les faire exister.
Antoine, éducateur spécialisé

Pour lui, c’est la proposition 6 "Faire de la place aux jeunes en favorisant leur participation à la vie publique et aux décisions qui les concernent" du nouveau plaidoyer Prendre le Parti des jeunes, de la fondation Apprentis d'Auteuil, qui changerait le plus concrètement le quotidien des jeunes : que leur parole soit portée.

Il évoque aussi l’impuissance ressentie face à une mineure prise dans des réseaux d’exploitation sexuelle : plaintes sans suite, condamnations faibles, et le constat que porte la jeune elle-même « tout le monde le sait, mais au final rien n’est fait ». Les équipes font tout pour leur donner envie de s’en sortir, mais la réponse publique doit être à la hauteur.

Ce qu’il dirait à un décideur public

Si Antoine avait cinq minutes face à un décideur public, il lui dirait que son métier est passionnant, mais qu’il faut qu’il soit mieux reconnu et valorisé : « Traitez enfin les questions de grilles salariales et de conventions. Les gens ne font pas ce métier pour être riches, mais il faut pouvoir en vivre. » Il plaide aussi pour le remboursement à 100 % d’un psychologue, comme pour tous les métiers du soin. ❤️‍🩹

En résumé, le message d’Antoine tient en trois verbes : écouter, reconnaître, faire exister. 👏

Antoine, hors du bureau :
📽️ Un film : Matrix, « intemporel », car il pose la question de la liberté de vivre sa vie.
📺 Un programme télé : Arte Évasion, pour voyager depuis son canapé.
🏔️ Une passion : la randonnée, dans les Ardennes, et les voyages (il revient tout juste du Japon 🤩).